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Quelques heures volées au bassin

12 septembre 2026

Cet été, j’ai accompagné ma femme et les enfants au bassin d’Arcachon — le temps de quelques heures pour moi, à l’aller et au retour, et d’une semaine pour eux. Arcachon est un lieu que j’affectionne particulièrement : en été, la ville fourmille de vie et de moments à capturer. Et surtout un besoin de changer d’air le temps de quelques heures.

Je me suis équipé de mon Fuji X100VI et de quelques batteries pour aller user un peu les semelles de mes chaussures — la fatigue m’a vite rappelé à l’ordre, malheureusement (on ne se refait pas, même en passant au numérique léger, le corps reste le corps). Ce choix d’appareil n’est pas anodin : le X100VI est devenu mon compagnon de tous les jours, un choix mûrement réfléchi dont je vous parlerai plus en détail dans un prochain article qui lui sera entièrement consacré.

Dans ma pratique, j’aime apporter autant d’importance aux environnements qu’aux détails, aux textures et aux couleurs. Deux sessions, deux ambiances, un même bassin — mais un parcours qui n’a rien eu de similaire.

Session 1 : sous le soleil, avant le chaos

La première session s’est déroulée par beau temps, quelques jours avant le catastrophique incendie. Le ciel était bleu, la température estivale. J’ai longé le bassin en partant de la jetée Thiers jusqu’à la plage Pereire, sans itinéraire précis, au gré des rencontres et des envies. Une simple balade en bord de mer, sans événement particulier — des familles, des enfants, des rires et des cris, la vie estivale dans ce qu’elle a de plus simple et de plus solaire.

J’en ai gardé des images de détails : un palmier découpé dans la lumière, le fond en plastique jaune d’une barque échouée, une cabane de plage un peu défraîchie où les baigneurs se changent, des vues sur le bassin qui s’étend à perte de vue, et quelques clichés de mes enfants de dos, en noir et blanc, qui capturent bien cette insouciance estivale.

Session 2 : la fumée s’installe

La seconde session a été bien plus courte, et s’est déroulée trois jours après le début des incendies. J’étais venu chercher la petite famille et ne souhaitais pas m’attarder trop longtemps dans les fumées qui planaient sur la région. Le parcours, cette fois, ne fut pas le même : plus de longue balade contemplative le long du bassin, mais des allers-retours en ville, entre inquiétude ambiante et vie qui continue malgré tout.

J’ai profité de ce court passage pour réaliser quelques prises de vue plus documentaires, dans un esprit qui doit beaucoup à Martin Parr — mettant en scène l’attitude des individus face au spectacle inquiétant des fumées à l’horizon. D’autres images s’inscrivent plus directement dans mon projet au long cours sur la famille : mon enfant dans l’eau, insouciant, quelques détails glanés ici et là, comme pour ancrer malgré tout un peu de normalité dans ce contexte particulier.

Conclusion

Deux sessions, un même lieu, deux atmosphères diamétralement opposées. Le bassin d’Arcachon, entre insouciance estivale et inquiétude face aux flammes, m’a offert un contraste que je n’avais pas anticipé en partant — et qui, avec le recul, raconte peut-être mieux que n’importe quel long discours ce que peut être une balade photographique : jamais tout à fait la même, même quand on croit refaire le même chemin.

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